_Rivière du temps_

Tu étais là !

Je te vois à présent emmaillotée dans ce rectangle au fronton duquel repose un « Ahantoun, rip ! » mordu par le temps

Frémissant d’émotion mes genoux s’inclinèrent devant ton silence

Je baisai ta sainte demeure coiffée de soleil

La tristesse débarbouilla mes yeux

Oui, je te vois gambader de joie

Je te vois foncer la porte

Pour embrasser un petit-fils revenu de la ville

Je te vois apporter la calebasse, berceau de vie

Je revois ta jarre où brûle toujours un repas

Je réécoute ta voix qui a vaincu le temps chanter vaille que vaille le cantique des retrouvailles

Je révise ton sourire

Tu me déroulais le tapis de la gloire :

_« Bois et mange, mon ‘’Hounnon’’ ! Mets-toi à l’aise. Merci de rajeunir ma vieillesse, de prolonger ma parcelle de vie par ta présence. Ô que tu m’as manqué ! Kwabↄ hounnↄn ché, le tam-tam dont la voix du dehors emplit la chambre ! Kwabↄ, la mère du tam-tam ! Bienvenu ! Le dieu qui guide les pas jamais ne déraille. Jamais tu ne perdras les rails ! Tout trépas agencé se brisera contre tes rails.

Ô que tu m’as manqué, Bona, mon petit visage ! »_

J’écoute le silence exécuter excellemment ta voix

Je contemple ce vent frais qui me dessine sur les nuages ta présence

Salut ! ciel qui bénit tes oraisons

Puis un lézard berça mes orteils

Mes yeux sursautèrent de leurs écailles

Ah ! Je fus guéri de cette suprême hallucination

J’ai embrassé le vent incapable de te saisir

J’ai souri le vide m’a raillé

J’ai crié le ciel m’a rabroué

Je me dirigeai vers cette jarre cette calebasse ce puits ce poulailler cette porte… ah ! ils sont orphelins vêtus de tristesse aucune lumière en eux…

Ahantoun a changé de planète

Laissant le ciel s’effondre sous ma tête

Autour de mon coeur la terre tourne

Tu as changé de planète : la joie me contourne…

Grand-mère qui fut une mer de miel

Je promets revenir

Revenir brûler ces araignées

Revenir chauffer les fesses des marmites pâles

Revenir fleurir le poulailler

Je promets revenir

Revenir avec l’autre Eve qui m’aime, qui porte miraculeusement ton ‘’Akↄ’’, Nous sèmerons ici d’autres clones de ton visage

Qui livreront cris et doux regards, un peu de pleures et de sourires

Afin que la vie ici soit à jamais vive !

_Agbon, 9 mai 2018

Calavi-Tankpè, 20h 20_

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