Postface !

Quand je t’ai rencontré ce jour
Tu m’as paru digne d’amour
Je t’ai observé sur des jours
Et mon doute s’est évadé
Je t’ai aimé
Et je me suis battu pour être aimé
Tu as fini par m’offrir ton cœur
J’ai rêvé pour nous d’un grand bonheur
J’ai grelotté d’immense joie
Que tu aies accepté être moi
Tout allait si bien entre nous
Tout allait bien pour nous
Tu dormais sur ma poitrine
Dans ton innocence qui fascine
Je veillais sur toi quand le froid s’étale
Ton cœur livrait ses suaves pétales
Nous allions à Dieu, toi devant moi
Nous priions qu’il ôte de notre Hymen toute croix
Tu ponctuais nos vœux d’« Amen ! » rassurants
Je te cueillais des oiseaux à qui tu chantais
Je taisais les grenouilles
Pour que le ciel de tes seuls rires soit rempli
Tu fus une présence qui m’incite à l’héroïsme
Je ne doutais point de mon amour pour toi
J’étais confiant en ton amour pour moi
Mais un jour
Un jour comme le premier jour
Tu as changé de discours
Tu me fis dos
Et à mes plaintes, mes cris, à mes appels
Tu ne donnas aucun écho
Un démon a-t-il occupé ton âme belle, rebelle, sensible ?
Tu as décidé de partir
Mes poèmes, qui pourtant t’excitaient
N’ont pu te faire fléchir
Qu’allais-je dire à Dieu de faire de nos prières ?
A la place des vers, je récitais désormais ton nom
Parents et amis m’ont traité de fou, fou d’amour
Je n’ai répondu à aucune accusation
J’ai surpris hier mon cœur en train de t’attendre
Comme si t’allais revenir sans condescendre
T’attendre en vain n’est pas vain
Qui vit d’espoir meurt-il de chagrin !

Donc c’est cela l’amour : une succession de regrets, regret des sourires, regret des extases, regret des regards, regret des fièvres, regret des sensualités, regret des promesses, regret des souvenirs, regret des rêves, regret des corps-raccord, regret des ballades, regret des mots, regret des maux, regret des lunes, regret des soleils, regret des flux, regret des distances, regret des nuits, regret des espoirs, regret du passé, regret des futurs, regret des vides, regret des regrets, regret de Tout, regret infini…
Tel l’Égypte castré de son Nefertiti,
J’attends, au bord !!!
Reviens combler mon coeur de ton ombre royal…

Par Bonaventure Agbon

*Nefertiti*

Donc c’est cela l’amour : une succession de regrets, regret des sourires, regret des extases, regret des regards, regret des fièvres, regret des sensualités, regret des promesses, regret des souvenirs, regret des rêves, regret des mots, regret des maux, regret des lunes, regret des soleils, regret des flux, regret des distances, regret des nuits, regret des espoirs, regret du passé, regret des futurs, regret des vides, regret infini…
Tel l’Égypte castré de son Nefertiti,
J’attends, au bord du célibat
Reviens combler mon coeur de ton ombre royal…

_Par Agbon, nostalgique. 02-07-18//17h 30_

Illustration : Julien de Casablanca

Le pouvoir de la langue !

Entre terre et ciel,
Chacun finit par choisir sa ligne de voyage.
Puis chacun s’en va pour un autre monde,
Tête basse ou tête haute,
A la quête
D’un bonheur soit original soit falsifié,
D’une aventure soit délectable soit fastidieuse.
Et pourtant, de tout temps,
L’abnégation demeure de mise et de faction.
Chacun le sait et se l’approprie
Pour que Force reste à la Force !
Chacun doit savoir se servir de la langue
Lui conférer toute sa force d’action
Pour des luttes ensemble
Pour des victoires imposantes.
Le pouvoir de la langue !

Arias ADIKPONSI

J’aimerais écrire mon nom…

Ici,
Il n’y a plus de parfaite enfance
Je cours pour rattraper le crépuscule.
Derrière les vestiges de la guerre,
Parfois je vacille de fatigue.
Entre les esprits de la pauvreté,
Je porte le poids sur mon crâne,
Ailleurs on le porte sur les épaules.
Je ne connais pas de père
Je ne connais pas de mère.
Je grandis en suivant les ordres.
Les reproches…
Je suis une enfant
L’enfant qui aimerait écrire une lettre.
Quand j’ai l’occasion de retrouver mon âme.
Je cours vers le crépuscule
Je m’assois au bord du rivage de mes pensées
Les autres je les regarde à la dérobée.
Ils écrivent…
Je ne peux pas
Ils parlent…
Je ne comprends pas
Ils corrigent…
Je ne sais pas,
Ici,
J’aimerais écrire une lettre.
Un « A »tout rond !
Un « B » tout beau !
Un « C » adorable !
Sur les empreintes de mes pas…
Je dessine sur le sable.
Je rêve toujours d’écrire une lettre
Comment fait-on le « B »?
J’aimerais écrire mon nom
Est-il toujours grand ?
Je ne le saurai pas.
Le crépuscule est parti
Je ne sais toujours pas lire
Ni écrire.
Je n’ai pas le temps d’apprendre,
Je dois obéir
Être puni
Servir
En récompense à mes peines,
J’aimerais juste écrire mon nom.

AMOUSSOU Inès

Je pense à l’OIF

L’Afrique souffre encore de beaucoup de maux
Seule elle n’aurait pas pu s’en sortir en un mot.
Certes, pour mieux grandir
Pour pouvoir se reconstruire
L’Afrique devrait s’unir
Mais à d’autres horizons également elle doit s’ouvrir.
Bien d’ailleurs, elle l’a déjà fait
Et les résultats s’expriment en des faits

Je pense à l’Organisation Internationale de la Francophonie
Celle qui fait de diverses contrées du monde une véritable symphonie.
Je pense à la France sans défiance
Qui de son mieux s’attèle à réduire la souffrance
Alliée du développement de l’Afrique aujourd’hui
Elle l’est de l’aube à minuit.
Grâce à une langue, des peuples du monde se transforment en un creuset
Unissant leurs forces pour réduire la misère au taquet.
Allergique à la guerre
Elle se veut héraut de la paix.
Je pense à l’Organisation Internationale de la Francophonie
Qui veille sans failli à l’harmonie
Transparence
Et bonne gouvernance
Telles sont pour elle les vecteurs d’une forte émergence.
Une émergence dont le futur repose sur la jeunesse ;
La génération porteuse d’espoir et de prouesses.

HOUNDJI Ulrich

Être citoyen du monde

J’aurais aimé mener une vie de bohème
Aller là où le vent me mène
Une vie sans barème
Où seul le rêve m’emmène.

J’aurais aimé naître à Paris
Pousser mon premier cri en Syrie
Esquisser mon premier sourire en Bulgarie
Et me mettre à marcher en Algérie.

J’aurais aimé prononcer mes premiers mots en Amérique
Apprendre à courir en Haïti
Rire et sourire à la Croatie
Puis étudier en Belgique.

J’aurais aimé séjourner en Allemagne
Passer des jours en Grande-Bretagne
L’après-midi en Angola
Et mes nuits à Cuba.

J’aurais aimé travailler en Irlande
Construire en Finlande
M’enrichir en Malaisie
Et gouverner la Tunisie.

J’aurais aimé travailler en Asie
Me marier au Brésil
Connaître Moscou
Et réussir à Cotonou.

J’aurais aimé être citoyen de toutes les terres
Partir à la quête du monde
Mener une vie commode
Loin des bruit et des guéguerres.

HOUNDJI Ulrich

Profonds désirs.

J’ai bien envie d’apprendre à oublier.
Laisser l’eau passer sous le pont
J’ai envie de laisser aller et venir les événements de ma vie sans m’en préoccuper
J’ai envie d’apaiser mon cœur, de le plonger dans un calme profond
Je ne veux plus me souvenir de tout le mal qu’on m’a fait
Je ne veux plus me souvenir de toutes les craintes éprouvées
Je veux oublier les promesses non tenues
Les mésententes non résolues
Les pleurs non compris
Les comportements nuisibles
Je veux oublier les amis ennemis
Les amours de surface
Des paroles sans actes et les sourires sans sincérité.
Je veux sortir de cette barrière d’idées négatives qui m’empêche de vivre
Je veux oublier la confiance accordée et perdue
Surtout celle envolée et difficile à retrouver
Je veux oublier,
L’espoir, qui s’est envolé telle une feuille
Je ne veux surtout plus sauter plus haut que je ne peux,
J’aimerais retrouver la paix intérieure
J’aimerais passer au savon ma mémoire, mon cœur et ma pensée.
Qu’ils s’en aillent ces douloureux souvenirs porteurs d’anxiété.
Je veux oublier et pouvoir regarder ces personnes
Tous ceux qui m’ont déçue, ceux que j’ai croisé
Sans remords sans jugement sans sourire sans sentiment
Je veux retrouver cette paix
Laisser la nature agir sans bouger le petit doigt.
Je veux retrouver la confiance inconditionnelle
Retrouver ma foi au monde
Mais plus encore,
Apprendre à tout oublier, n’entendre qu’une seule voix
Ne voir que sa lumière
Apprendre à oublier en silence
Et seule avec moi. Profonds désirs

HOUNLEBA Amoureck

L’indignée !

Ceci n’est pas un poème.
Ceci est une mise en garde.
Je suis femme
Et je veux qu’on m’aime tous les jours.
Pas pour un jour de l’année
Pour de moi prétendre se rappeler subitement de façon collective.
Qu’en est-il des alors autres jours ?
Je ne mérite vraiment que ça?
Comment pourrait-on prétendre d’un coup être capable de faire ce qu’on a été chaque seconde incapable de faire ?
Arrive-t-on vraiment à faire une chose qu’on ne vit pas ?
Je veux qu’on me vive.
Mais finalement,
J’en ai marre d’être femme
Pas parce que je ne m’aime pas,
Parce que je n’aime pas comme on m’aime.
J’ai bien marre d’être sujet à polémique.
Ça me révolte de voir comme c’est permis à n’importe qui
D’écrire, dire et décrire ma condition et moi.
Chacun se lève et dit ce qu’il veut de la femme.
De quel droit? Et Pour quelle raison?
Comment? Et Pourquoi???
Moi femme,
Je suis saoulée par autant de préjugés.
Je suis saoulée par les comportements, faits, rôles, croix qu’on m’impose.
Sans mon consentement.
J’en ai marre d’être un robot à la mémoire prédestinée
Je hurle contre cette éducation inégale et déséquilibrée
Nous en sommes victimes mes frères et moi.
Cette éducation me tue.
Cette éducation m’a tué
Car personne n’est supérieur à moi
Je ne suis pas moins intelligente
Je ne suis pas faible non plus
Malgré tout, je garde ma force d’esprit.
Et ça, on ne me l’a pas appris.
La vie me l’a imposée.
Je n’en peux plus.
J’en ai marre que de personnes qui ne veulent pas m’écouter, prétendent savoir sur moi!
Que savent-ils ?
Ou prétendent savoir de choses qu’ils n’ont même pas essayé de comprendre ?
De connaître ?
Mes espérances sont là en moi et attendent d’être écoutées depuis des lustres.
Je veux aller à l’école si je veux.
M’habiller comme je veux.
Me marier quand je le voudrai.
Cuisiner quand je veux et comment je veux.
Bref, je veux vivre pour moi.
Enfin, j’en ai marre d’être opprimée.
Marre d’être codifiée, piétinée.
Marre d’être oubliée.
Marre de faire ce dont je n’ai pas envie
Par-dessus tout n’avoir droit à aucune chance de m’exprimer.
Laissez-moi femme,
Etre moi, être vraie.
Il y a trop de choses à dire.

HOUNLEBA Amoureck

La colombe

Ma terre est un vaste gisement
Perdu entre deux hémisphères
Ma patrie est un riche segment
Où des enfants fuient l’enfer

Le bonheur est une culture
Dont les luttes déjouent la mouture
Le sourire est dans la terre
Avec quelques gouttes de prière

D’où viennent ces cris, ces fuites
Près de ressources gratuites ?
Pourquoi êtes-vous sombres
Près du Nil, du Victoria l’ombre ?

La joie est au bout des mains
Dont la sueur calme la soif et la faim
Vous fuyez des Chefs les venins
Vous souffrez de l’école les parchemins

Ô frères ! Songez à la méditerranée
A ces bras, ces cerveaux étoilés
Qu’elle a assassinés puis dévoilés
Ô sœurs ! Réanimez vos cœurs surannés

Déjà elle se répand
La voix qui soumet des fatalités au vent
Gloire à la Francophonie
Espoir d’une Afrique en harmonie
Où filles et garçons, civiles et dirigeants
Baignent dans le soleil levant.

AGBON Bona

Une Afrique, un sourire

Si tu n’existais pas
Comment pourrais-je avancer des pas
Sans regarder les épaules ici-bas !
La peur d’un sommeil sans retour
M’aurait fait concierge des cours

Si tu n’existais pas, ma mère
Pourrais-je avoir de frères derrière les frontières
Dans une Afrique-Babel !
Sur ces terres rebelles de sourds à sourds
Nous nous serions battus comme fous

Chaque sourire de ces filles revenant de l’école
En ton nom retentissant
Est un merci innocent

Je parle. Chante. Danse !
Sans dans la terre descendre
Sans embrasser la cendre

Sur notre névralgiques Afrique
Eternelle soient tes mains balsamiques.
Sacrée OIF ! Tes actions sont immenses.

AGBON Bona 12/03/18 1h