Notre commun !

Que n’avons-nous pas connu
Dans nos aventures résolues
Que n’avons pas vécu, sourires ou mépris

Ce qui vous rend fort, n’est guère ce qui vous rend libre
L’un comme l’autre, au prix du sang, tout se construit
Traverser rivières, plaines, déserts sans être ivre

Dans un monde aux sombres nuages où il faut agir
La solitude serait tout aussi suicidaire que s’avilir
Au-delà des débris épars de tout ce passé, figé
Que nous reste-t-il amis en commun à partager

S’allier au présent et faire naitre ce qui n’était encore
Nourrir nos alliances pour anéantir les torts
Vivre l’indécision ou miner de passions
Enfin que nos décisions soient mûries de raison

Qu’avons-nous vraiment en commun
A y bien voir, rien d’opportun
Et quand on y songe, il revient à être solidaire
C’est l’éminent bonheur d’être sur terre.

JBEL, Biteng le 12 Mars 2018

Bohème !

Il est rayonnant quant autour du feu libre la flamme
La joie de vie embrase les cœurs emplit les âmes
Et malgré les dissemblances et les différences
Sans hypocrisie ni ambages, parvenir à vivre ensemble
Qu’au détour d’une histoire les pensées s’assemblent
Et révèlent à la lumière des flammes les ressemblances

Il suffit d’un mot bien fait pour faire sourire
Des mots sublimes en chœur peuvent faire frémir
La magie de la langue, molle rose
L’amas gît de l’art, active la métamorphose.

Hermione, héritage d’une mère esprit doux
Hermione, fille aux ailes battantes et flottantes
Parcourt le monde à larges enjambées sur les côtes sans remous
D’un air fluoré navigue au travers des barrières accablantes
A bord, des espoirs cavaliers aux mains gantées
Épris de mille passions fugaces et de pugnacité
Tous roides en leurs armures sans effroi le voile en proie au vent
Partent à la conquête du monde toit en auvent
Partent semer la joie sur les décombres confins conflits
Les arrhes à la main au gré de la paix l’universel défi.

Et ces clichés mornes des guerres d’idées
A la rencontre des contrées âmes débridées
Des peuples en houppe, havre de paix
Se défassent du passé pesant faix.

Au milieu des blâmes et des drames
Où regards croisés, le même requiem
C’est encore possible de tenir un même langage
Où chaque mot enfin prévaut l’amour
Et le vivre libre ensemble en partage.
L’encre jamais ne se taira avant que ne paraisse le jour
Et jamais ne tanguera la plume héritée
Aussi ne séchera-t-elle avant d’avoir mis à nue la vérité.

Le silence est mortel, les mots vifs
Le silence tue, le dialogue positif
Le mue. Détresse, désarrois et angoisses s’enfuient
Qu’enfin dans la liberté et la contrariété
Agir ne nous soit que seule langue de vérité
Et s’érige en un monde qu’ensemble on aura construit.

JBEL, Yaoundé le 11 Mars 2018

Pauvres mots d’amour (Texte inédit)

Des entrailles de mon cœur conquis
Des mots d’amour d’un langage que tu m’as appris
Se bousculent pour se frayer un chemin

Oui, ma bouche demeurera un parfumé autel
Louanges et cantiques nouveaux
Embaumeront tous les jours mon corps, ton Béthel
Toi, le seul amour qui me trouve si beau

Déjà à l’aube mon âme soupire après toi
De peur que mes pieds ne s’entremêlent et ne chancellent
J’attache à mes reins tes mots, ô Roi

Depuis le jour où tu m’as déclaré ta flamme
En acceptant le crucifix, tu m’as séduit
Je ne pense qu’à toi, je te vois gémir
Transpercé, malmené, esseulé malgré tout calme

Ma plus belle histoire d’amour
Malgré mes errances, tu ne vois que le meilleur en moi
Agrée, ces pauvres mots d’amoureux irrécupérable
Mal ordonnés, incompréhensibles et minables

Allume-moi, allume mon zèle
Remplis moi et hante moi
Guide-moi et possède-moi
Dis-moi que pour toi je suis une perle

© Gilles-Carmel

Les temps perdus…

Des lieux arides et vides de vies
Des terres sauvages où s’élève la poussière
Et parfois où se jette la douce rivière
Et où les âmes s’enfuient sans envie

Je ne fais qu’aller où on m’envoie
Le temps,
Le fleuve ne parle pas
Il distille la voie du silence
Lançant ses pas vers l’avenir

On ne peut aimer celui qui éprouve pour lui-même
Haine, honte et mépris
Embourbé dans le passé et ses mélancolies

Et sur mon chemin
J’ai croisé des fleurs
De toutes couleurs
Je me suis miré dans le visage de ces belles âmes
Et campé à des prairies

Ces lointains où rien ne vous importune
Ces endroits où nuls ne vous connaît
Où vous paraissez étranger mais gai

Sur la route des erreurs oubliées
Et plongés dans le présent humilié
Ces sourires à faire chavirer un coeur
Ces voix qui troublent les pensées

On ne peut vivre que ce que l’instant nous prête
Et se vouvoyer sans jamais échapper aux caprices de l’existence
C’est mieux parfois
La vie du solitaire
Il part sur ses pas
Il suit son chemin
Disparaissent après lui
Les traces de ces pas

Mais c’est un échec inavoué
De vouloir noyer son existence
Dans un fleuve qui n’a de profondeur
C’est vouloir échapper à la mort
Le compagnon de tous les jours.

JBEL, biteng 21 Juin 2018

La vie.

(Hommage au Rév. Joseph Kounou)

Quand on voit ceux qui meurent
Mettant en langueur nos coeurs
La vie n’est qu’un leurre
Un fiel dans nos beurres

J’ai vu le juste mourir
J’ai regardé le malfrat périr
J’ai vu des enfants dépérir
J’ai vu des adultes devenir « souvenir »

Ah la vie !
Est-ce un piège posé à l’Homme ?

Et si on s’aimait !
Et si on s’humiliait !
Et si on s’aidait !
Et si on s’amusait ?

Donnez aux pauvres de la manne
Tendez aux senescents la canne…
Faites un enfant, deux enfants…
Ça guérit des tourments
Ne laissez au bord du chemin
Le pèlerin sans parchemin …

J’ai vu le riche tombé
Près de son chèque
J’ai vu le vaniteux sombré
Le ciel est moins un hypothèque…

J’ai vu le juste mourir
J’ai pleuré le pauvre qui périt

Ah la vie
Meurt heureux
Qui a vécu amoureux…

@ _AGBON Bona. 21/06/2018_

Besoin d’un Père…

Sur ma route pleine de paysages,
Et d’enfers
Je n’ai trouvé qu’une mère
Pour calmer de la mer les rages
Sur mes joues sans armes
Trouées par deux rails de larmes
Je n’ai trouvé que d’une femme
Les balsamiques doigts
Et la douce voix
Cette foudre qui défonce
Le mal qui sur moi fonce
Est l’amour d’une mère qui veille
Une mère, c’est une merveille
Une mère monte sur la croix
Un père contemple la croix
Célébrer une mère
Le jour des pères
N’est que reconnaissance amère.
Un père, c’est loin, très loin
Merci à ces amis, ces inconnus
Qui ont comblé le vide d’un père…

A la recherche d’un Père !
.
Dans ma profonde haine
Je porte de ton sang les gènes
Dans mon coeur, loin de toi
Brûle une lampe
Elle illumine la route du Sang
Fier d’être le témoin de ta croix
Fier de faire l’école de ta Voix

Tout finit par s’éloigner
Pour que nous ayons à témoigner
Puisque le coeur s’en trouve soigné…
Je surmonte notre distance
C’est le vrai combat de l’existence
Je t’aime pour les soins
Merci pour les foins
Je t’aime pour les mots
Et maux
Notre sceau…

_Par Bonaventure Agbon_ ,
Tankpè, 17-06-2018.

C’est un bonheur, être père !

J’ai oublié mon stylo pour vous déclarer mes mots
J’ai séché la mine, j’ai brisé l’encrier, j’ai perdu les flots
Ma mémoire durci, mon coeur bégaie
Et ce matin alité, voyez-vous, j’essaie

À vous hommes, enfants ou pères
Un jour pour vous un jour toujours
Soyez fiers de vous, on ne choisit pas d’être père
C’est une chance, une responsabilité de tous les jours

Si vous l’êtes, soyez-en digne
Si vous l’êtes, prenez-y du plaisir
Mettez-y de l’amour, qu’il ne s’éteigne

Être père c’est un bonheur de vivre à l’avenir
C’est avoir une cause aux combats quotidiens
C’est un héritage, un sens de vie, un exquis bien.

JBEL, Biteng 17 Juin 2018

La famille, ces bouts de sang ❗️

Que me vaut-il vivre sans pour moi un héritier
Qui veillera sur le pays après que ma lampe est éteinte
La nuit sans étoiles serait plus de noir teinte
Et le silence amer emplirait les cœurs, gouttiers

Une vie est un trésor, un homme une fleuraison
De tout ce qui est, de tout ce qui vit, de tout ce qui vient
La famille ! Ces bouts de sang résistés aux saisons

Au milieu de multiples vices et supplices
L’unique rempart havre de paix devient
Les mains laborieuses d’un charme exquis

La famille ! Disait grand-père, est un héritage
Savoir la perpétuer dans la raison et le partage
L’arborer de moral, d’honneur et de dignité
Est un gain à l’humanité.

JBEL, Biteng 08 juin 2018

Immortelle :

Les génies n’ont pas une vie
Juste de courts ans
Pour traverser tous les temps
Puis disparaître
Sans bruits
Ils auront restauré notre Être
Dissipé nos nuits
Éduqué nos envies

Là où l’école perd les rayons
Là où l’hôpital dépose les armes
Là où l’Église embrouille nos âmes
C’est l’artiste nous voyons
Le seul du Collège des Salvateurs
Qui jamais ne dépose son coeur …
Le seul qui n’est connu
Que quand il n’est plus
Le seul qui n’est aimé
Que quand il a trépassé
Le seul qui revit
Quand tout est accompli
Le seul qui meurt
Pour ressusciter nos coeurs…

L’artiste n’est pas riche
Il n’a qu’un front lumineux
Des doigts, une voix, une plume somptueux
Pour bâtir des Hommes chics…

Sa croix est de vieillir tôt
Sa gloire est d’avoir laissé le beau…

Bonaventure Agbon
Tankpè, 5 mai 2018/00h

Lumière :

Yeux élevés vers ton cœur
J’aliène tout ce que je possède
Soumets tout ce qui m’obsède
A ta croix
Par la foi sous laquelle je ploie
Voici toutes ces forces obscures
Qui rendent mon âme impure
Le péché m’a courbé
Je requiers la force de m’en détourner

Toi qui es mûr
Traverser des mures
Monter dans l’espace
Voler en surface
N’est pas la vérité de ta vie
Tu me veux la vie

Brûlant du feu de la contrition
J’apporte mes tribulations
Tu sais ce qu’il me faut
Je sais que je suis Faux
Tu sais ce que je vaux
Sans toi je suis à l’eau

Je ne courrai ni fiel ni miel
Tend-moi l’échelle du ciel
Couvre-moi des ailes du pardon
Je veux marcher dans tes rayons

Bonaventure Agbon/3 mai 2018