Le gel disparu

Par un soir de grue,
Il refit belle surface
Le long de ma rue
Je le vis en face
Mais n’y ai pas cru.

Le gel disparu
S’emparait des têtes
Pleines pour la fête
Ces enquêtes
Que l’on guette
Telles des crêtes
Sans alertes
Je n’y ai pas cru.

Le gel disparu
N’était plus liquide,
Mais crainte d’une fourrure
Devenue solide.

Le gel disparu
Aujourd’hui
Peint le mur,
Chante l’azur,
Berce nature.

De mes carnets
Beau gel fit honneur à l’espace,
Mit du blanc aux cornets,
Prit le large de la glace,
Fondant, renaissant du nez
Et concédant belle allure.
Histoire lui préserve noble place :
Celle du disparu.
Depuis, le gel disparut,
Envolé, asséché, stérilisé, disparu.

Arias ADIKPONSI

Pourquoi on aime…

Enfin je sais pourquoi on aime, pourquoi je t’aime…
Pendant longtemps je me suis contenté de son sourire, ce fameux « où » où tout a commencé. Mais depuis l’autre-hier, j’ai su pourquoi on aime.
Ce jour-là, revenons-en, qui n’était pas comme les autres jours, trois jours après un malentendu qui nous a éloignés, je tombe sur mon Amour en compagnie d’un autre Hibou, tellement heureux qu’il se croyait seul au monde. Aïe ! comment ose-t-il prendre part à ce Sourire qui me rend sourd de rire ?
C’était la première fois que j’ai compris qu’on peut être tenté d’éteindre les étreintes qui jalousent des coeurs protégés. Ah oui, je confesse aux Pères de l’Amour que les doigts du meurtre m’ont caressé le cœur ce jour-là.
Pour avoir bu la Croix de l’amour, je veux enfin dire aux coeurs qui cogitent ‘’Pourquoi je l’Aime’’. N’espérez surtout pas me voir vanter ses deux pyramides pointues, son écorce fraîche, son parfum enivrant, sa démarche qui enrubanne son Être. Non ! Tout ça, c’est comme l’histoire des fleurs succulentes à l’aurore mais impotentes le soir.
Carine, te souviens-tu de ta question : « Pourquoi tu m’aimes, Bona ? » de l’autrefois ? Voici la réponse, je la dépose ici. Tu la liras dès que tu auras la chance de naître dans l’univers des Claviers. « Je t’aime, PARCE JE VEUX ÊTRE LE SEUL DÉMON QUI HABITE TON SOURIRE ».
En plus d’être ton prince et surtout ton esclave, je suis aussi devenu poète. Oui, pas d’amoureux non-poètes. La poésie, c’est une fumée du cœur.
Désormais tous les amoureux pourront aimer sans boire de l’insomnie autour du ‘’Pourquoi tu m’aimes ?’’. Je leur reformule la réponse : C’est que mon cœur brûle ! »
Et si elle rebondit en vous demandant : « Et alors, qu’elle piqûre t’a donné des brûlures au cœur ? », sachez que je n’ai pas la réponse. J’en cherche aussi, puisque, au vrai, c’est là que réside la raison insaisissable de l’amour.

Bonaventure Agbon/ Tankpè, 1er juin 18

Vivre sans ou avec…

Si tu te trouves entre deux tours
Prends tes gardes, c’est dangereux
Le fer entre le marteau et l’enclume
L’un le mate, l’autre lui sert de support
Le fer perd sa forme et se déforme
Se transforme puis prend forme
Sous l’effort répété du fort forgeron
Mais avant d’aboutir à son nouveau confort
Il lui fallu laisser quelques plumes
Ce cher fer perfide, n’a mot à dire
Il se voit battre à tue-tête et
De sa langue rigide languissante
N’émet qu’un cris monotone pour se consoler
Il voudrait se défendre
Mais coincé dans la gueule de la tenaille
Malgré son cris haut et fort
Condamné, il a tort
Pauvre fer, c’est ton sort
Point de secours pour lui
Ni demain, ni aujourd’hui
Grand forgeron, dites-le lui
Un peu d’eau pour le rafraîchir
Puis reprennent les coups assénés
Ainsi va la vie, ainsi vit l’amour
Entre un fer et son maître
Un fer qui vit l’enfer
Le maître, une guerre à gagner
En amour, point de compassion
Comme en politique
Tous les coups sont possibles
Vivre sans ou avec, c’est impossible
Il faut trouver le juste milieu
Pour ne rien laisser échapper.

JBEL

Nouvelle rencontre!

Nouvelle rencontre
Nouvelle vie
Nouvel horizon
Nouvel amour
Des échanges
Des partages
Des paysages
Des visages
Les rencontres nous font
L’univers nous confond
Les sourires à fond
Les souvenirs se font
Aventures ou usures
Amitiés, fissures
Amours et remous
Affections se nouent
Aimer et être aimé
Est-ce vivre vraiment
Et penser incessamment
A un autre que soi
Est-ce un grain de foi
….

JBEL

A ma mère !

Il n’y a de mères loin de l’ombre d’un père
Mais la vie nous vient d’une mère
Les nuits éclaircies, les jours remplis
L’estomac creux, le cœur d’amour emplis

J’ai connu des mères belles, tendres et battantes
Des mères-pères, des mères lumières, des branlantes
Des mères épanouies, des mères alarmées un soleil dans les yeux
Des mères malmenées qui n’ont d’aide que des cieux

Celles qui ont bravé la honte, l’humiliation et le mépris
Ma mère ! Je pense à elle. Un lourd tribut pour une vie
J’ai vécu avec des mères et elles n’ont qu’une seule envie

Mourir au combat. Je n’ai connu qu’une seule, une mère
Loin peut-être, je t’aime bien. Merci mère
Toi seule a mon amour et ma confiance sincères.

JBEL, Biteng 27 mai 2018

Sous la lune

Je suis au dehors
Seul
Les yeux hissés aux cieux.
Je compatis à la douleur de l’astre orphelin de ses ouailles, qui patauge dans un pagne noir
Le silence me menace
La solitude me froisse
Mais rien je ne crains
Tu es dans la silhouette que la lune dessine à ma gauche
Dans le vent j’écoute ta voix aiguë qui cicatrise mon sang
Ces arbres, ces herbes qui valsent au loin sont l’armée de tes doigts qui rassurent mes pas…
J’ai photographié la lune pour toi :
Elle ressemble à une lumière noire trouée par un sang blanc
Oui, je l’ai capté, la lune
Cette lune sous laquelle tu es assise, est celle sur laquelle je suis monté pour te contempler derrière les tecks de Sèhouè qui t’enveloppent.
Vois-tu ce ciel verdoyant ? Foules-tu cette terre généreuse ?
Ils connectent nos âmes heureuses…
Loin des yeux sous la même lune…
J’ai peur de t’aimer. C’est une violente transe.

Par Bonaventure AGBON

Bohicon, 24 mai 2018. 23h

L’étoile bleue

Bleu azur, bleu vif ou bleu gai
Elle vêtue d’une robe jusqu’au pieds
Laisse paraître l’embonpoint de sa taille
Sa grande taille, ça émaille !


Souliers Richelieu teinture rouge clair
Sac à main même couleur combinaison parfaite
En chœur, ce teint noir raffiné, cette chair
Ame bien faite !


L’œil amoureux, mon imagination la voit en cotillon
Elle avance à pas feutrés et millimétrés
J’admire son regard si vif, si hardi, si profond


Je perds mes repères, émietté et éparpillé
Elle a cette chose-là à bousculer le cœur de grands hommes;
Cette étoile qui fraie toute ombre. J’avoue, ce pétale je l’aime.

JBEL, Yaoundé 24 Mai 2018

Le combat de chaque jour !

Et ces quelquefois qu’on se fourvoie

Et ces moments où on perd tous mots

Et nos cœurs des mœurs devoient


Et notre être tremblote vacille et chavire

Et s’exalte d’un faux dévot

Et on craint les heurts les coups le pire


Et le ciel azuré dans son silence sombre et morne

Et la douleur et l’amertume sèchent ses pleurs

Il pleure l’héritier qu’il n’a pu avoir il s’apeure

Il pleure l’innocent l’étoile qui se forme


Et ces têtes qui livrent bataille aux soleil flammés

Et ces pupilles livrées à l’oubli

Plus de providence ni de confiance enchantée

Puis les soucis sursis se replient


Ce sont ces moments où les mots s’enfuient

Ces interminables heures que les traits fuient

Les pas s’arrêtent où courage et envie meurent

Le charme de l’existence et de la vie perd son attrait

La voix ne porte plus sa fleur sa tonalité sa teneur


Plus de choix que se complaire mû par l’instinct

Qu’a-t-on encore à perdre si tout s’est déjà éteint

Peut-être reste-t-il un brin de dignité en temps

Qui témoignera d’un excellent portrait

Une valeur qui s’acquiert à l’épreuve du temps

JBEL, Yaoundé 23 Mai 2018

_Rivière du temps_

Tu étais là !

Je te vois à présent emmaillotée dans ce rectangle au fronton duquel repose un « Ahantoun, rip ! » mordu par le temps

Frémissant d’émotion mes genoux s’inclinèrent devant ton silence

Je baisai ta sainte demeure coiffée de soleil

La tristesse débarbouilla mes yeux

Oui, je te vois gambader de joie

Je te vois foncer la porte

Pour embrasser un petit-fils revenu de la ville

Je te vois apporter la calebasse, berceau de vie

Je revois ta jarre où brûle toujours un repas

Je réécoute ta voix qui a vaincu le temps chanter vaille que vaille le cantique des retrouvailles

Je révise ton sourire

Tu me déroulais le tapis de la gloire :

_« Bois et mange, mon ‘’Hounnon’’ ! Mets-toi à l’aise. Merci de rajeunir ma vieillesse, de prolonger ma parcelle de vie par ta présence. Ô que tu m’as manqué ! Kwabↄ hounnↄn ché, le tam-tam dont la voix du dehors emplit la chambre ! Kwabↄ, la mère du tam-tam ! Bienvenu ! Le dieu qui guide les pas jamais ne déraille. Jamais tu ne perdras les rails ! Tout trépas agencé se brisera contre tes rails.

Ô que tu m’as manqué, Bona, mon petit visage ! »_

J’écoute le silence exécuter excellemment ta voix

Je contemple ce vent frais qui me dessine sur les nuages ta présence

Salut ! ciel qui bénit tes oraisons

Puis un lézard berça mes orteils

Mes yeux sursautèrent de leurs écailles

Ah ! Je fus guéri de cette suprême hallucination

J’ai embrassé le vent incapable de te saisir

J’ai souri le vide m’a raillé

J’ai crié le ciel m’a rabroué

Je me dirigeai vers cette jarre cette calebasse ce puits ce poulailler cette porte… ah ! ils sont orphelins vêtus de tristesse aucune lumière en eux…

Ahantoun a changé de planète

Laissant le ciel s’effondre sous ma tête

Autour de mon coeur la terre tourne

Tu as changé de planète : la joie me contourne…

Grand-mère qui fut une mer de miel

Je promets revenir

Revenir brûler ces araignées

Revenir chauffer les fesses des marmites pâles

Revenir fleurir le poulailler

Je promets revenir

Revenir avec l’autre Eve qui m’aime, qui porte miraculeusement ton ‘’Akↄ’’, Nous sèmerons ici d’autres clones de ton visage

Qui livreront cris et doux regards, un peu de pleures et de sourires

Afin que la vie ici soit à jamais vive !

_Agbon, 9 mai 2018

Calavi-Tankpè, 20h 20_

On construit son destin.

Je leur ai dit que je ne peux plus
Que ma vie ne se résume pas qu’au superflu
Je leur ai dit que le vent est agité
Que mes pieds même sous terre seraient déracinés

Qu’au supplice, qu’à l’infamie il me faudra résister
Qu’au plaiderie, aucun maquis ne peut m’acquitter
Et blessures, et obscures désirs mon cœur décimé,
Les échec me seront que surannés

Ces chemins épineux, broussailleux et tortueux
Jonchés de honte et d’humiliation
Mèneront sans averse à la dévotion

Je leur ai dit de n’être plus douteux
Qu’au reste il nous faudra nous-même nous frayer sans répit le chemin
La vérité ignorée, il faut être toujours sur la brèche pour construire son destin.

JBEL, Yaoundé, 25 Avril 2018