Le combat de chaque jour !

Et ces quelquefois qu’on se fourvoie
Et ces moments où on perd tous mots
Et nos cœurs des mœurs devoient

Et notre être tremblote vacille et chavire
Et s’exalte d’un faux dévot
Et on craint les heurts les coups le pire

Et le ciel azuré dans son silence sombre et morne
Et la douleur et l’amertume sèchent ses pleurs
Il pleure l’héritier qu’il n’a pu avoir il s’apeure
Il pleure l’innocent l’étoile qui se forme

Et ces têtes qui livrent bataille aux soleil flammés
Et ces pupilles livrées à l’oubli
Plus de providence ni de confiance enchantée
Puis les soucis sursis se replient

Ce sont ces moments où les mots s’enfuient
Ces interminables heures que les traits fuient
Les pas s’arrêtent où courage et envie meurent
Le charme de l’existence et de la vie perd son attrait
La voix ne porte plus sa fleur sa tonalité sa teneur

Plus de choix que se complaire mû par l’instinct
Qu’a-t-on encore à perdre si tout s’est déjà éteint
Peut-être reste-t-il un brin de dignité en temps
Qui témoignera d’un excellent portrait
Une valeur qui s’acquiert à l’épreuve du temps

JBEL, Yaoundé 23 Mai 2018